Partager l'article ! Voici le debut de quelque chose que j'aimerai bien voir aboutir: &n ...
Peut-être n’aurait jamais t-il dut accepter sa proposition. Peut-être n’aurait jamais t-il dut accepter ce travail. A quatorze ans, ce n’étais pas quelque chose d’envisageable normalement. Je vous laisse imaginer la réaction de ses parents s’ils apprenaient que leur gentil fiston toujours adulé par les professeurs par ses notes qui descendaient rarement en dessous de 17, menait une double existence depuis quelques mois. L’homme pour qui Lionel travaillait était un ancien policier qui s’était convertit en tueur à gage. Mais bizarrement un « bon » tueur à gage. Il ne zigouillait que les personnes qui le méritaient, qui avaient échappés d’un procès trop peu sévère ou tout simplement n’avaient jamais été démasqués. Toutes ses personnes, trop riches, qui ont trop de puissance politique et abusent de leur pouvoir pour se permettre des choses qui sont normalement interdites. Ainsi était les propos tenues par son employeur, Diggory Beaufort quelques mois plus tôt quand celui-ci avait retenu Lionel à la sorti des cours et lui avait proposé de travailler pour lui. Quand Lionel lui avait demandé en quoi consistait son travail, l’homme avait été assez vague et lui avait répondu qu’il lui demandera quelques petites choses de temps à autre comme des petites livraisons et après sûrement, passerai à des « missions » un peu plus sérieuses. Au début, tout se passait comme prévu, l’homme passait le voir de temps à autre à la sortie du collège et lui donnait des cartons, des colis ou parfois même de simples lettres à aller remettre aux quatre coins de la ville. Ce n’était que toutes petites choses, que Lionel appréciait car ces toutes petites courses étaient bien payé (L’homme lui donnait environ 200€ en liquide à chaque course, c’était peu pour une grande personne mais pour lui, c’était une somme énorme, d’autant plus que parfois il en faisait plusieurs par semaine. Il pouvait dès fois terminer la semaine et avoir gagné 1000€ en ne faisant presque rien.), étaient rapides, grâce son scooter qu’il avait reçu en cadeau d’anniversaire depuis peu. Mais son employeur avait apparemment envie qu’il passe à des choses plus sérieuses. Dès ce soir. Il l’avait appelé, tôt dans la soirée et déposé une arme chez lui. Au téléphone, il lui avait donné une adresse et des consignes qu’il devrait respecter à la lettre s’il voulait s’en sortir…vivant avait-t-il précisé. Ce fut seulement à partir de se moment là que Lionel remarqua dans quel guêpier il s’était fourrer. Mais il n’avait plus le choix. Accroupis derrière un rocher et caché par quelques buissons, maintenant, il attendait. Il attendait quoi au juste? Se demanda-t-il un instant. « Oh, rien de grave, je vais juste tuer un homme dans quelques minutes et faire la plus grosse erreur de ma vie, pas de quoi se préoccuper! ». C’est ainsi qu’il ruminait ses sombres pensées en attendant un homme qu’il ne connaissait ni d’Adam ni d’Ève, qui ne lui avait jamais rien fait et qu’il allait devoir tuer. Il attendit encore quelques minutes et finalement, une lumière s’alluma dans le couloir de la maison. La maison de cet homme était en terrain plat mais le derrière menait sur un grand jardin qui remontait et qui formait donc une petite colline parsemée de buissons et de grosses pierres. Avant cette remontée en pante douce, il y avait une petite terrasse où, d’après Diggory, l’homme qu’il devait tuer aimait prendre une tisane sur sa chaise longue en regardant les étoiles avant d’aller se coucher. C’était à ce moment, que lui, Lionel devrait intervenir ce soir et lui mettre une balle en pleine tête. Diggory lui avait laissé sur lui un CV assez impressionnant. L’homme, célibataire depuis peu à cause de sa femme qui avait porté plainte contre lui pour coups et blessures, avait violé ses propres enfants et monté un trafic d’armes en France. Il s’en était sorti évidemment sans trop d’encombre, sans quoi, Lionel ne serai pas là à rendre justice à ses malheureuses victimes. Soudain la porte fenêtre s’ouvrit et laissa entrer un homme de grande taille, puisement bâtie, le regard austère et dominant. Comme prévue, il avait une tisane à la main. Il s’allongea sur le transat et se mis à rêver, plongeant son regard dans les étoiles et s’y noyant comme dans l’eau d’un fleuve. Quand il se fut suffisamment noyé au point de ne pas pouvoir remarquer sa présence, il chargea son arme et visa le type. Il eut un moment d’hésitation puis les horreurs qu’il avait commis lui revinrent en mémoire et sans plus hésiter, appuya sur la détente. Ca ne fit aucun bruit. Il perçut juste une tache rouge sanguinolente sur le front de l’homme avant de s’éclipser. En revenant dans sa chambre par la fenêtre il se mit à réfléchir à ce qu’il venait de commettre. Il se dit « j’ai tué un homme. Que va-t-il m’arriver maintenant? Vais-je être démasqué? Non, j’ai suivi tout les conseils de l’homme, il n’a rien laissé au hasard, j’en suis sûre, c’est un pro, un habitué ». Puis il s posa une question, plus grave encore, celle qui détermina s’il pourrait recommencer ce qu’il avait fait ce soir: « Aies-je du remord? ». La réponse s’imposa dans son esprit, limpide, placide: « Non, je n’aie aucun remord, ce que j’ai fait, je l’ai fait pour le bien de tous, cet homme méritait cette mort ». Puis un sentiment de confusion s’empara de son esprit: «Suis-je en train de devenir un monstre? Dans les romans, les films quand quelqu’un tue un homme, il est en état de choc, il a honte de ce qu’il a fait, alors que moi je n’éprouve rien de mal pour ce que j’ai fait. Comme si c’était quelque chose de normal, qu’on fait tous les jours ». Tout à coup, il se rendit compte qu’il était tard. Il se coucha dans son lit, éteignit la lumière, et se dit que c’était sûrement ça l’état de choc, qu’on ne comprenait pas ce qui arrivait et que le lendemain, on se rendrait compte de l’horreur de ses actes. Il s’endormit avec le bon vieux dicton en tête comme quoi la nuit porte conseil…
*
Mais le lendemain, il était dans le même état d’esprit de la veille, il se rendait compte de ce qu’il avait fait mais
n’éprouvais pas de honte ni de remords. Il avait pourtant essayé de dramatiser la situation mais dans sa tête, il continuait à se dire:« j’ai tué un homme? Bon…Et alors? ». Il alla en
cours tout en ruminant ses pensées. Il traversait l’avenue de la république quand quelqu’un l’appela de l’autre coté du trottoir. Il se retourna et aperçu Elena, sa meilleure amie, celle avec qui
il s’entendait le mieux, celle avec qui il n’y avait jamais eu de secret, la seule de la classe à avoir d’aussi bonnes notes que lui, la seule qui puisse le comprendre mieux que personne.
-Coucou Elena!!!
-Salut fainéant!
-Pourquoi tu dis ça?
-Ca fait bien 5 minutes que j’attends au coin de la rue, t’a oublié qu’on allait ensemble au collège aujourd’hui?
-Oui, désolé, j’avais la tête ailleurs.
-A cause d’hier soir? Raconte-moi tout ce qui c’est passé.
Elena était bien évidemment au courant de tout ce qui se passait depuis quelques mois. Elle n’avait pas approuvé sa décision de travailler pour ce type, et était restée sur une mauvaise
impression depuis le début. Sa mauvaise impression s’était confirmée hier soir et Lionel fut forcé d’avouer qu’elle avait raison. Il lui raconta ce qui c’était dérouler et lui demanda si elle le
trouvait monstrueux de n’éprouver aucune honte ni remord à son geste. Sa réponse le surpris.
-Non, au contraire, moi, j’aurai été plutôt contente d’avoir tué un homme qui ne méritait pas de vivre. Même si, c’est vrai, tuer est un acte que la justice qualifie de mauvais, cela n’empêche
pas qu’il est nécessaire parfois pour les hommes qui ont trop mal agis et n’ont pas été punis comme il le méritait. Tu fais un boulot totalement désapprouvé par la justice mais qui est en même
temps juste et bon dans le fond. Donc non, je ne te trouve pas monstrueux, surtout que l’homme avait fait des choses bien plus monstrueuses que toi, qui n’as fait que le tuer. Lui il a fait
souffrir et à traumatisé des gens pour toute leur vie. Lui, il a eu une fin brève et quasiment sans douleur. Il méritait cette mort, n’éprouve aucun remords pour ce que tu as fait. Maintenant, si
cette homme te demande encore de tuer, tues juste ceux qui le mérite, comme l’homme d’hier soir.
-Tu as raison Elena. Il va sûrement me demander de recommencer. Si le prochain est comme l’homme d’hier soir, qu’il ne mérite pas de vivre alors il aura le traitement.
-Mais je continue à penser que tu as fait une énorme erreur en acceptant le travail de Diggory. Je sens que cela va t’attirer pleins d’ennuis.
-Tu as raison, mais plus je réfléchie plus je me dis que ce sera dur de l’abandonner. Je crois que je me suis enrôlé dans quelque chose dont il me sera difficile d’en sortir.
-je le pense aussi, c’est pourquoi je te dis de t’arrêter maintenant, de dire à Diggory que tu ne veux plus travailler pour lui. Son travail est noble, c’est bien de vouloir jouer le robin des
bois du futur, mais son travail n’est pas pour toi.
-Je sais Elena, j’y ai déjà réfléchi, mais cet homme, tu ne le connais pas, tu ne l’a jamais vu. C’est le genre de personne à connaître d’autres personnes qui pourraient de zigouiller si tu
quittais leur bande de peur que tu parles de leurs manigances à la police.
-Je vois le genre. Si c’est vraiment le cas, ne tante rien et contente toi de faire ce qu’on te dit. Surtout qu’il y a quelques cotés positifs! Tu es bien payé, tu fais la justice et plus
tard, si tu veux faire une carrière de flic, t’auras déjà de l’expérience.
-C’est ce que e comptais faire, tu es vraiment génial, tu es sur la même longueur d’onde que moi.
Il lui sourit, elle lui sourit et ils arrivèrent en retard au collège.
*
Après être allé chercher un billet de retard et s’être fait copieusement gronder par le professeur de Français, ils s’assirent ensemble au dernier rang pour écouter un cour passionnant sur le Cid de Corneille et la façon qu’avait Corneille de ne pas respecter les règles de la tragédie classique. Ils prirent quelques notes et écoutèrent le cours patiemment. C’était cela qui leur permettaient d’avoir de bonnes notes et de ne pas être embêter par leurs parents: leur excellente mémoire. Ils leurs suffisaient de relire leurs cours la veille ou juste avant le contrôle et ils avaient les meilleures notes de la classe. Ils faisaient d’ailleurs un concours et à la fin du trimestre. Celui qui avait le plus de vingt sur vingt, devait faire les quatre volontés de l’autre pendant une semaine. Ils se connaissaient depuis la sixième et dès le premier jour, le feeling était passé et ils ne se quittaient plus. Ils n’avaient pas cherché à se faire plus d’amis, s’isolant donc un peu du reste de la classe. Mais cette sensation d’isolement leur convenait tout à fait. Ils voyaient les autres comme des personnes qui ne peuvent pas les comprendre, qui sont à l’âge de MSN ou «Laure et Mathieu sortent ensemble! Franchement je ne vois pas ce que Mathieu lui trouve » et « t’as vu ce beau mec qui viens de passer? ». Eux ils avaient l’impression de n’avoir jamais vécu ça, ce qui leurs convenaient parfaitement étant donné qu’ils ne supportaient ce genre de comportement puéril. Mais ça leur donnait aussi une autre impression, plus désagréable; celle d’avoir grandi trop vite et de n’avoir pas eu le temps de goûter aux plaisirs de l’enfance et de l’émerveillement. Mais ils n’avaient pas beaucoup de regrets. Ils étaient bien comme ils étaient, c’est à dire amis, sur la même longueur d’onde et se comprenaient mieux que personne.
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