Mardi 26 août 2008

Il enfourcha son scooter, démarra et s’avança dans la rue. Dès qu’il accéléra il ressentit une bouffée de liberté s’insinuer en lui. Quand il roulait, il avait l’impression que des ailes lui poussaient et qu’il pouvait sans aucun problème s’envoler et tout faire. Ce sentiment était aujourd’hui légèrement atténué par le froid qui lui engourdissait les mains et lui cinglait la gorge. Il se rendit au centre ville, puis rue Louis Pasteur où habitait Elena. Elle l’attendait sur le pas de la porte, emmitouflée d’un épais manteau, portant des mitaines, une épaisse écharpe en laine et un chapeau noir qui lui allait à ravir. Elle tenait une écharpe et des gants à sa main qu’elle lui tendit.

 -Je sais que tu n’en as pas, j’ai essayé de prendre dans ma collection de vêtements quelque chose qui ne faisait pas trop fille.

Lionel prit dans ses mains l’écharpe et les gants qu’elle lui tendait puis demanda :

 -Comment as-tu su ?

 -Beaufort a précisé dans la lettre qu’il m’a envoyée, que tu viendrais me chercher en scooter. Il m’a aussi conseillée de mettre des couleurs discrètes, chaudes, mais dans lesquelles je puisse bouger sans difficultés si à un moment on doit se mettre à courir.

 -Je vois. Il m’a donné les mêmes instructions lors de ma première mission. On y va ?

 -Oui, désolé, j’oubliais le plus important : passer à l’acte.

Elle monta derrière lui, puis, mis ses mains autour de sa taille, ce qui déclencha à Lionel un frisson de plaisir.  Ils se mirent en route et arrivèrent rapidement devant la demeure du juge Jucisieux. La forme du bâtiment était la même que la maison de l’homme qu’il avait tué hier soir. Ils durent donc procéder de la même manière qu’avait agit Lionel la veille pour pénétrer dans la maison.

La petite rue dans laquelle ils se trouvaient était déserte et tous les volets étaient tirés. 

« Bizarre, se dit Lionel, normalement à cette heure là, il y en a encore beaucoup de personnes debout. A moins que ce ne soit un quartier habité seulement par des personnes âgées, je trouve ca très étrange. »

Il rangea l’information dans un coin de sa tête pour en revenir à leur mission qui occupait pour l’instant une importance capitale.

Il escalada le mur, aida Elena à le grimper, puis, se réfugièrent derrière un arbre du jardin, juste devant la terrasse. Comme prévu, leur victime arriva aux alentours de 23 heures. Il s’installa dans un fauteuil confortable, sur sa terrasse, et ouvrit le journal, qu’il n’avait sans doute pas eu le temps de lire quand il était à son cabinet. A coté de lui, il y avait une tasse de café, qu’il sirotait de temps à autre.

Lionel demanda dans un murmure à peine audible à Elena si elle voulait que soit elle ou lui qui le tue.

 -J’aimerai le faire, dit-elle tout simplement, d’une manière grave.

Elle  lui prit des mains l’arme des agents du F.B.I, celles qui ne font aucun bruit, des mains de Lionel, qui la regarda avec gravitée brandir l’arme vers le juge qui avait à nouveau levé sa tasse de café pour boire une gorgée. Il souriait. Il venait certainement de lire une nouvelle qui l’amusait. Tout à coup, Elena appuya sur la détente et tendit qu’une tache rouge, sanguinolente, venait de se former sur la chemise du juge, la tasse de café tombait et s’éclatait en mille morceaux sur le sol.

C’était fini. Ils repartirent comme ils étaient venus, en escaladant le mur qui les séparait de la rue. Dehors, la nuit les enveloppaient comme d’un manteau. Le ciel était sans étoile et la lune, quelque peu voilée par les nuages. Lionel tendit son casque à Elena et la fit grimper sur le scooter. Le bruit qu’il fit quand il démarra, semblait comme un cri dans le silence épais de la nuit. Ses phares trouèrent l’obscurité de la rue et à nouveau, remarqua la tranquillité presque anormale des lieus. Personne n’était accouru et n’avait ouvert sa fenêtre pour se plaindre du bruit causé par le moteur du scooter. Il commençait à être inquiet, et pour dissiper cette inquiétude, se dépêcha d’avancer et de tourner au coin de la rue. Il ramena Elena chez elle et après avoir convenu qu’ils se verraient  le lendemain, se saluèrent d’une bref accolade et se séparèrent.

*

Cette nuit fut plus longue et moins supportable que la veille. Il ne sut pas pourquoi mais cette fois-ci, il passa toute la nuit à penser à l’arme qu’il avait tendu à Elena et à se sentir coupable. «Coupable de quoi ?», s’était-il demandé. Peut-être enfin avait-il de la culpabilité à avoir tué. Ou alors c’était d’avoir enrôler Elena dans cette histoire qui le rendait coupable et en même temps responsable d’elle. Car il l’aimait, c’était indéniable, et il ne voulait pas risquer de la perdre or l’enrôler dans sa galère, ce n’était pas le meilleur moyen pour qu’elle est encore la vie devant elle. Et puis si il lui arrivait quelque chose, il ne voulait pas en être responsable, il s’en voudrait à mort toute sa vie durant.

Tout à coup il se reprit et se secoua la tête comme pour se débarrasser  de ses pensées amères. Il se rappela les paroles qu’Elena lui avait dises un jour et qu’il avait trouvé très juste sur sa personnalité : « Tu dramatises trop ! Relax ! Ce n’est même pas encore arrivé, tu t’inquiète pour rien ! Fais gaffe, tu vas devenir paranoïaque si tu continues ! Et puis mange ton éclair au chocolat sinon il finira dans ma bouche ». Elle avait parfaitement raison, à propos de son trait de personnalité à toujours s’inquiéter de tout et de rien, et à propos de l’éclair au chocolat qui avait fini dans son estomac. Mais n’y pouvait rien : il était définitivement, immanquablement, inexplicablement paranoïaque et dramatisait tout. Et ce n’était pas Elena qui allait le changer même si il l’aimait profondément. C’est sur ses pensées obscures qu’il s’endormit. Mais dans les nuages noirs de son sommeil, apparaissait parfois la petite lueur du grand soleil se trouvant derrière les énormes nuages gris. Et dans ces moments là, tout allait bien. Ses sombres cauchemars dans lesquels Elena se faisait décapiter puis qu’elle revenait à la vie pour se faire découpée férocement par une tronçonneuse que tenait Diggory s’estompaient pour être remplacés par Elena qui l’embrassait, le caressait, le tenait dans ses bras…Quelques fois il fit de rêves dont il était le héros et elle, la demoiselle en détresse. Il partait la sauver dans des donjons gardés par des dragons et des sorcières, normalement, personnages des livres qu’elle aime tant lire. Déguisé en Sherlock Homes, il arrivait le plus souvent en haut de la tour, après avoir vaincu tout ses geôliers, lui donnait un baiser pour la réveillée, puis la portait et l’emmenait sur son cheval blanc, elle, le regard éperdue d’amour et de reconnaissance, lui, éblouit par sa beauté et sa légèreté (dans la vrai vie, il ne pourrait pas la porter, il était, pour ainsi dire pas très costaud  comme garçon.). Puis il l’amenait dans son château, se mariaient et avaient beaucoup d’enfant. Ses rêves faisaient très roman de Wald Disney mais il ne s’en lassait pas.

 

Le lendemain de cette nuit de réflexions et de rêves tourmentés, il alla chercher Elena chez elle pour aller boire un verre et manger quelques pâtisseries au bistrot, dans le parc de la rue de République. Là, ils parlèrent de ce qui s’était passé la veille, de leurs impressions et de leurs sentiments. Ils en profitèrent aussi pour se prêter mutuellement les livres qu’ils s’étaient dits. Lionel regarda le livre dont la couverture l’incitait déjà à ne pas le lire. Il allait regarder de quoi parlait le livre sur internet pour ne pas froisser Elena quand elle lui posera des questions. Comme si elle avait lu dans ses pensées, elle lui dit :

 -Je sais que la couverture n’incite pas à la lecture mais tu as intérêt de le lire, et je te déconseille d’aller chercher le résumé sur internet si tu ne veux pas subir mon courroux.

Il leva la tête vers elle et vie qu’elle avait son pseudo regard sévère. Il lui sourit, elle lui sourit et ils éclatèrent de rire.

Pendant qu’il essuyait une larme au coin de son œil, il se mit à penser à l’extraordinaire pouvoir qu’avait Elena de lire en lui comme dans un livre ouvert. Cela était pratique parfois. Par exemple, en classe quand on les éloignait pour faire les devoirs surveillés, d’un simple signe de tête ou de main, ils savaient les réponses l’un de l’autre aussi facilement que s’ils avaient été côte à côte. Cela était parfois moins utile, par exemple, quand il avait un problème chez lui et qu’il ne voulait pas lui en parler, elle devinait immédiatement que quelque chose n’allait pas et le forçait à le faire parler. Elle y arrivait tant et si bien, que parfois s’en était agaçant.

Par vitalie
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Dimanche 13 juillet 2008

  Il contenait un papier écrit à la main et qui ne contenait qu’un bref message:

Votre prochaine cible sera le juge Jucisieux, qui avantage les criminels dans les tribunaux et s’arrange pour ne leurs faire payer aucune peine. Il les engage ensuite dans son trafic, en les envoyant partout dans le monde pour sortir des criminels de prison. Agissez avec lui comme vous l’avez fait pour l’homme d’hier soir. Suivez les mêmes consignes de sécurité. Votre coéquipière sera avertie, vous devrez donc aller la chercher avec votre véhicule à son domicile et vous rendre à l’adresse suivante;


3, rue de la monnaie, 84000 Avignon.

Votre cible arrivera à son domicile à 23 heures car des collègues et lui seront allés prendre un café près du tribunal pénal.
Utilisez la même arme. Ci-joint un papier qui montre comment la nettoyer pour qu’elle continue de fonctionner en silence et l’endroit où vous procurer des balles pour la recharger.
Bonne chance.

Il y avait, en bas du papier, une signature quasiment illisible qui devait être celle de Diggory.
En attendant d’aller chercher Elena chez elle, il fit ses devoirs de la semaine. Cela lui permettait de ne plus penser à ce qui allait se dérouler cette nuit.
Quand il dit à ses parents qu’il sortait ce soir, ils n’eurent pas d’objections. Normal, ils étaient devant plus belle la life, quand on leurs parlaient ils disaient toujours oui pour avoir la paix et suivre l’histoire de leur série favorite qui les détendaient après une dure journée de travail.
Il sorti dans l’air frais de la nuit, le mistral de la Provence lui soufflant dessus. Qu’est-ce que Lionel détestait l’hiver!!! Ils étaient en Février et le vent habituellement présent dans cette région devenait un souffle abominable en cette saison. Il cinglait les moindres parties du corps dénudées et quand on recevait ce souffle en pleine figure, ça vous faisait l’effet d’une claque lancée par un champion de volley Ball.

 

 

 

Par vitalie
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Dimanche 13 juillet 2008

Une fois dans sa chambre, il se laissa tomber sur son lit puis, il prit un magazine posé à coté de son lit: le magazine des maths, de la culture et de l’économie. C’était un magazine très intéressant que Lionel recevait chaque mois. Du point de vue des enfants de son âge, ce genre de lecture aurait été critiqué et dit ennuyeux. Mais Lionel, lui, tenait à démentir tous ces préjugés et c’était pour ça, qu’il s’était abonné à toute sorte de revus scientifiques. Ses parents, au début de sa scolarité étaient émerveillés devant la capacité intellectuelle de leur fils. Mais maintenant, quand il rentrait chez lui en rapportant un bulletin excellent, ils étaient habitués et se contentaient de lui faire remarquer qu’il avait baissé d’un demi point ci, d’un demi point là ou de lui faire remarquer qu’il avait moins de 17 de moyenne dans telle ou telle matière. Quand ceci arrivaient, ils le prenaient en général mal et il avait droit à une moral de deux heures, du genre conseil de famille, en lui expliquant l’importance des études, que si il avait des lacunes, ça le suivrait toute sa vie et quand il arrivera au lycée, qu’il faudra passer à des choses plus dures, il n’y arrivera pas etc., etc.…C’est pour ça qu’il évitait d’avoir des notes en dessous de 17, ça lui était déjà arriver quelques fois, et il n’avait pas l’intention que ça recommence. Surtout que maintenant, il avait des choses plus importantes à faire, comme servir un tueur à gage, tuer des gens et désormais, protéger Elena de l’organisation. Car il avait bien vu le visage de Diggory quand Lionel lui avait demandé d’embaucher Elena; des yeux froids, calculateurs. Il avait e même regard quand il les avait quittés; et à ce moment là, Lionel avait compris que Diggory voudrait s’en prendre à elle. Il ne le laissera pas faire. Loin de là. Elena était une des personnes à qui il tenait le plus au monde. Il s’en était rendu compte l’an dernier quand leur classe était partie faire de l’escalade et qu’elle avait eu un malaise. Elle avait due être transportée à l’hôpital; il avait cru que son cœur partait avec l’ambulance. Depuis cet instant, il avait su qu’il l’aimait et qu’il donnera sa vie pour elle. Il ne le lui avait jamais avoué, craignant de perdre son amitié et son sourire pour toujours mais savourait chaque instant qu’il passait en sa présence qui suffisait pour lui remonter le moral et ne plus voir que le bonheur, dans un monde, où, finalement règne sans arrêt ce sentiment de vouloir sans arrêt détruire. Il y a bien sûr des exceptions, et Lionel faisait parti de ceux qui désapprouvaient ce sentiment tout en ne le refoulant pas pour pouvoir combattre la vie. Car il s’était rendu compte que pour survivre le plus longtemps possible, il faudrait beaucoup de force et nuire à certain. C’est pour ça qu’il désapprouvait la méthode de Diggory et en même temps l’approuvait. Ce n’avait pas été facile pour lui de tirer cette conclusion mais il s’était rendu compte que c’était la meilleure. Jusqu’à l’arrivée d’Elena, il vivait avec ce même sentiment de contradiction avec le slogan « détruire ou être détruit », mais son cœur avait trouvé son âme sœur et même si il pensait toujours que ce slogan était le plus juste, il le ressentait avec moins d’intensité. Peu à peu, l’amitié d’Elena l’avait changé; transformant son sentiment de tristesse et de solitude en amour. Il lui en était reconnaissant et ne tenait pas à l’abandonner car il sentait que si il la perdait, il ne redeviendrait qu’une boule de désespoir.
Perdu dans ses pensées, il ne vit pas sa mère qui ouvrait la porte de sa chambre. Il sursauta quand elle lui parla.
 - Excuse-moi, chéri, je ne voulais pas te faire peur. Il y a une lettre qui vient d’être livrée pour toi. 
  -Merci maman.
Il prit la lettre qu’elle lui tendait, puis, quand elle fut partie, il l’ouvrit avec angoisse

 

 

 

Par vitalie
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Mardi 8 juillet 2008

-Je vois. Confirme-tu ce qu’il vient de dire?
 -Totalement.
 -Très bien. Je n’aime pas qu’on me force la main mais tu es engagée. Tu seras au courant de la prochaine mission. Vous agirez en duo, alors j’attends de votre part une parfaite coordination et une parfaite entente car si foirez une mission vous en paierez le prix fort tout les deux.
Cette histoire commençait apparemment à lui taper sur le système puisqu’il devenait vulgaire. C’était souvent comme ça chez les gens à fort caractère avait remarqué Lionel.
Diggory donna sa carte de visite à Elena, un aigle en vol, le logo de l’organisation avec son numéro de téléphone. Il sortit un objet de sa poche, appuya sur un bouton et quelques secondes plus tard, une limousine noir avec la statuette d’un aigle en vol sur le capos de la voiture vint le chercher. Il leurs fit un signe d’adieu avant d’être avalé par l’obscurité de la limousine. La voiture démarra en douceur, et presque sans faire aucun bruit, tourna au coin de la rue. Quand elle fut hors de vue, Elena relâcha la pression et lui dit:
 -T’as raison, celui-là, vaut mieux éviter de le mettre en colère.
Et sur ces mots, elle lui déposa un baiser sur la joue, puis partie.
Il mit quelques temps à reprendre ses esprits puis fit comme elle; il rentra chez lui.

Par vitalie
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Dimanche 6 juillet 2008

-E=MC² Mon amour de Patrick Cauvin. Je sais que tu n’aile pas trop les romans d’amour mais celui-là est vraiment extra.
Les livres étaient encore quelque chose qu’ils avaient en commun, mais bizarrement, eux qui étaient normalement en accord sur tout, n’aimait pas le même genre de littérature. Elena adorait tout ce qui pouvait toucher aux romans d’amour, de magie et d’héroïque fantaisie alors que Lionel préférait les romans policiers et le fantastique. Ils s’étaient tout de même retrouvés dans Eragon, Harry Potter et Tara Duncan mais c’était à peu près les seuls livres qu’ils avaient en commun.
 -C’est vrai que les romans d’amour ce n’est pas mon genre de littérature, mais si c’est une bonnes histoire et que c’est bien écrit, cela m’intéresse.
 -Ca parle de deux enfants de 11 ans qui tombent profondément amoureux pendant les vacances. Ce sont des enfants surdoués et quand ils reprennent l’école et qu’ils ne peuvent plus se voir assez. Alors ils inventent un stratagème et grâce à leur intelligence hors du commun et un de leurs amis adultes, ils font une fugue et partent à Venise, la ville des amoureux. La fin est assez triste mais il paraît qu’il y a un deuxième tome. J’irai l’acheter tout à l’heure.
 -Tout ce que je vois dans ton résumé c’est que c’est encore une histoire de fille lui dit-il en souriant. Mais je vais l’essayer, tu me le prêteras? Ca me changera de registre. Et puis j’ai toujours rêvé d’aller à Venise, je trouve que c’est une ville fantastique, pleine de charme.
Puis il eu sourire diabolique.
 -Mais en échange, tu lieras un Sherlock Homes.
Il savait qu’elle ne liera les romans policiers (des livres géniaux pour lui) que s’il lui obligea.
Elle fit une petite grimace de dégoût pour cacher son sourire et dit:
 -D’accord mais tu le choisis, la dernière fois que j’ai lu un roman policier que j’ai choisi je me suis ennuyée à mourir.
 -Pas de problème, je sais déjà lequel je vais choisir.
Ils passèrent le reste de l’heure à parler de livres puis ils rentrèrent en cours. Ils restèrent encore trois heures au collège puis sortirent. Comme prévu, Diggory l’attendait pour lui remettre l’argent de la nuit dernière.
 -Il y a exactement 400€. Désormais quand tu feras ce genre de service pour moi et notre société, tu seras payé le prix double d’une course.
Lionel avait donc raison, Diggory s’attendait donc à ce qu’il recommence. Il prit l’enveloppe bien rebondie et soigneusement cachetée. Diggory allait partir quand Lionel le retint.
 -Attendez, j’ai une amie qui voudrait rentrer dans la maison! Pouvez vous l’engagez?
Soudain, son visage vira au blanc.
 -Tu as parlé de l’organisation à une amie? Dit-il dans un murmure.
 Il ne rajouta pas « tu es dingue??? » parce qu’il était polie, mais on le sentait pointer le bout de son nez à la fin de sa phrase.
 -C’est beaucoup plus qu’une simple amie pour moi. S’il vous plait, permettez-lui de travailler avec moi.
 -Et bien…c’est embêtant…Ca fera une personne de plus à payer…C’est vrai que notre organisation manque de membre mais je ne peux pas prendre de risque…Sans savoir qui elle est.
 -Je vous la présente et vous jugez si elle est apte à rentrer dans la maison ou pas. Ca vous va?
 -D’accord. Quand est-ce que ça vous arrange?
Soudain Elena sortie de derrière le mur, où elle avait écouté la conversation.
 -Maintenant si ça vous arrange.
Il fut très surpris par son audace et sourit. Il la détailla de la tête aux pieds. Elle restait de marbre face à cette inspection minutieuse. Elle avait l’impression d’être déshabillée du regard mais n’en laissa rien paraître et resta le visage impassible. Finalement il releva la tête et dit:
 -qu’est-ce qui motive votre décision?
 -Rendre la justice et aider Lionel pour qu’il n’affronte pas les dangers seuls.
 -Bonnes motivations. Quels sont vos qualités?
 -Ce n’est pas à moi de dire mes qualités, je manquerai de modestie. Demandez à Lionel.
Diggory se tourna vers Lionel.
 -Quels sont ses qualités?
 -C’est une excellente tireuse, du moins aux fléchettes et au tire à la carabine, elle me gagne toujours en visant parfaitement la cible du milieu. Elle est sérieuse dans tout ce qu’elle fait et elle s’investit totalement dans ce qu’elle entreprend.

Par vitalie
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Dimanche 6 juillet 2008

Ils enchaînèrent avec un cours de maths et un double cours d’histoire avant d’aller manger au self. Ils s’installèrent à une table de deux et commencèrent à discuter des maths, leur matière préférée, et des derniers livres qu’ils avaient lus récemment. Car ce qui les avait surtout rapprocher c’était leur soif d’apprendre et de tirer de l’autre toutes ses connaissances. Si ce caractère pouvait éloigner des amis potentiels, eux, s’étaient retrouvés dans cette idée d’apprendre toujours et toujours plus. Ils se mirent à aborder le sujet épineux de maths que leur professeur leur avait posé, juste avant de partir. Un problème de niveau universitaire qui leurs prendrait certainement plusieurs jours à résoudre. Mais ils aimaient les défis et la difficulté. C’était ce que Lionel avait fait découvrir à Elena quand il l’avait rencontré. Puis vint enfin le sujet de conversation le plus important du moment.
 -Quand penses-tu que Diggory reviendra te voir?
 -Quand il aura besoin de moi et de mes services. Donc je n’en ai aucune idée. Peut-être que je le reverrai plus tôt, puisqu’il doit me donner l’argent du « service » d’hier soir.
 -Peux-tu lui demander s’il a besoin de nouvelles recrues?
Lionel faillit s’étouffer avec ses spaghettis à la bolognaise et Elena fut obligée de se lever pour lui taper dans le dos. Il murmura un merci et quand elle se fut rassise, il leva sa tête empourprée vers elle et le souffle court lui demanda:
 -Tu n’envisage quand même pas de t’enrôler dans cette histoire?
-Si, je l’envisage sérieusement. Il n’est pas question que je te laisse t’enrôler dans cette histoire tout seul. On s’est promis que l’on restera là, l’un pour l’autre et là, je n’ai pas l’impression de tenir notre promesse. Alors je veux que tu lui demande de m’engager, comme toi. Peu importe que ce sois dans une secte, dans un affreux trafic ou quelque chose comme ça, tout ce que je veux, c’est être avec toi.
 -Tu n’es vraiment pas obligée de faire tout ça pour moi. Je ne mérite vraiment pas de t’avoir.
 -Pourquoi dis-tu ça?
 -Parce que s’il devrait t’arriver quelque chose par ma faute, d’une part je ne pourrai jamais me le pardonner et d’autre part, si tu gâches ta vie, comme moi je suis peut-être en train de le faire maintenant, notre promesse aura sans doute été respecté mais tu n’auras pas respectée ma conscience qui, elle, ne saura plus jamais bonne.
 -N’essayes pas de me convaincre avec tes beaux discours, je te connais maintenant, je sais que tu es plus douée que quiconque pour me faire culpabiliser. Ca ne marchera pas cette fois, j’ai pris ma décision et compte bien m’y tenir.
Elle avait l’air déterminée et Lionel sut qu’il ne pouvait plus négocier. 
 -D’accord, tu as gagnée, je lui en parlerai.
Elle eut un sourire résigné avant de dériver sur un sujet moins…dangereux.
 -Je viens de finir un très bon livre, je te le prêterai si tu as envi.
Lionel, remarqua la dérivation du sujet, leva un sourcil dubitatif mais ne releva pas.
 -Qu’est-ce que c’est?
Elle remarqua qu’il s’était enrôlé dans son jeu, ce qui n’était pas dans ces habitudes et se dit que c’était sûrement à cause de cette nuit. Il s’était couché tard et était maintenant trop fatigué pour batailler avec elle sur un sujet comme ils le faisaient tous les jours.

Par vitalie
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Samedi 5 juillet 2008

                                        

Peut-être n’aurait jamais t-il dut accepter sa proposition. Peut-être n’aurait jamais t-il dut accepter ce travail. A quatorze ans, ce n’étais pas quelque chose d’envisageable normalement. Je vous laisse imaginer la réaction de ses parents s’ils apprenaient que leur gentil fiston toujours adulé par les professeurs par ses notes qui descendaient rarement en dessous de 17, menait une double existence depuis quelques mois. L’homme pour qui Lionel travaillait était un ancien policier qui s’était convertit en tueur à gage. Mais bizarrement un « bon » tueur à gage. Il ne zigouillait que les personnes qui le méritaient, qui avaient échappés d’un procès trop peu sévère ou tout simplement n’avaient jamais été démasqués. Toutes ses personnes, trop riches, qui ont trop de puissance politique et abusent de leur pouvoir pour se permettre des choses qui sont normalement interdites. Ainsi était les propos tenues par son employeur, Diggory Beaufort quelques mois plus tôt quand celui-ci avait retenu Lionel à la sorti des cours et lui avait proposé de travailler pour lui. Quand Lionel lui avait demandé en quoi consistait son travail, l’homme avait été assez vague et lui avait répondu qu’il lui demandera quelques petites choses de temps à autre comme des petites livraisons et après sûrement, passerai à des « missions » un peu plus sérieuses. Au début, tout se passait comme prévu, l’homme passait le voir de temps à autre à la sortie du collège et lui donnait des cartons, des colis ou parfois même de simples lettres à aller remettre aux quatre coins de la ville. Ce n’était que toutes petites choses, que Lionel appréciait car ces toutes petites courses étaient bien payé (L’homme lui donnait environ 200€ en liquide à chaque course, c’était peu pour une grande personne mais pour lui, c’était une somme énorme, d’autant plus que parfois il en faisait plusieurs par semaine. Il pouvait dès fois terminer la semaine et avoir gagné 1000€ en ne faisant presque rien.), étaient rapides, grâce son scooter qu’il avait reçu en cadeau d’anniversaire depuis peu. Mais son employeur avait apparemment envie qu’il passe à des choses plus sérieuses. Dès ce soir. Il l’avait appelé, tôt dans la soirée et déposé une arme chez lui. Au téléphone, il lui avait donné une adresse et des consignes qu’il devrait respecter à la lettre s’il voulait s’en sortir…vivant avait-t-il précisé. Ce fut seulement à partir de se moment là que Lionel remarqua dans quel guêpier il s’était fourrer. Mais il n’avait plus le choix. Accroupis derrière un rocher et caché par quelques buissons, maintenant, il attendait. Il attendait quoi au juste? Se demanda-t-il un instant. « Oh, rien de grave, je vais juste tuer un homme dans quelques minutes et faire la plus grosse erreur de ma vie, pas de quoi se préoccuper! ». C’est ainsi qu’il ruminait ses sombres pensées en attendant un homme qu’il ne connaissait ni d’Adam ni d’Ève, qui ne lui avait jamais rien fait et qu’il allait devoir tuer. Il attendit encore quelques minutes et finalement, une lumière s’alluma dans le couloir de la maison. La maison de cet homme était en terrain plat mais le derrière menait sur un grand jardin qui remontait et qui formait donc une petite colline parsemée de buissons et de grosses pierres. Avant cette remontée en pante douce, il y avait une petite terrasse où, d’après Diggory, l’homme qu’il devait tuer aimait prendre une tisane sur sa chaise longue en regardant les étoiles avant d’aller se coucher. C’était à ce moment, que lui, Lionel devrait intervenir ce soir et lui mettre une balle en pleine tête. Diggory lui avait laissé sur lui un CV assez impressionnant. L’homme, célibataire depuis peu à cause de sa femme qui avait porté plainte contre lui pour coups et blessures, avait violé ses propres enfants et monté un trafic d’armes en France. Il s’en était sorti évidemment sans trop d’encombre, sans quoi, Lionel ne serai pas là à rendre justice à ses malheureuses victimes. Soudain la porte fenêtre s’ouvrit et laissa entrer un homme de grande taille, puisement bâtie, le regard austère et dominant. Comme prévue, il avait une tisane à la main. Il s’allongea sur le transat et se mis à rêver, plongeant son regard dans les étoiles et s’y noyant comme dans l’eau d’un fleuve. Quand il se fut suffisamment noyé au point de ne pas pouvoir remarquer sa présence, il chargea son arme et visa le type. Il eut un moment d’hésitation puis les horreurs qu’il avait commis lui revinrent en mémoire et sans plus hésiter, appuya sur la détente. Ca ne fit aucun bruit. Il perçut juste une tache rouge sanguinolente sur le front de l’homme avant de s’éclipser. En revenant dans sa chambre par la fenêtre il se mit à réfléchir à ce qu’il venait de commettre. Il se dit « j’ai tué un homme. Que va-t-il m’arriver maintenant? Vais-je être démasqué? Non, j’ai suivi tout les conseils de l’homme, il n’a rien laissé au hasard, j’en suis sûre, c’est un pro, un habitué ». Puis il s posa une question, plus grave encore, celle qui détermina s’il pourrait recommencer ce qu’il avait fait ce soir: « Aies-je du remord? ». La réponse s’imposa dans son esprit, limpide, placide: « Non, je n’aie aucun remord, ce que j’ai fait, je l’ai fait pour le bien de tous, cet homme méritait cette mort ». Puis un sentiment de confusion s’empara de son esprit: «Suis-je en train de devenir un monstre? Dans les romans, les films quand quelqu’un tue un homme, il est en état de choc, il a honte de ce qu’il a fait, alors que moi je n’éprouve rien de mal pour ce que j’ai fait. Comme si c’était quelque chose de normal, qu’on fait tous les jours ». Tout à coup, il se rendit compte qu’il était tard. Il se coucha dans son lit, éteignit la lumière, et se dit que c’était sûrement ça l’état de choc, qu’on ne comprenait pas ce qui arrivait et que le lendemain, on se rendrait compte de l’horreur de ses actes. Il s’endormit avec le bon vieux dicton en tête comme quoi la nuit porte conseil…

*

Mais le lendemain, il était dans le même état d’esprit de la veille, il se rendait compte de ce qu’il avait fait mais n’éprouvais pas de honte ni de remords. Il avait pourtant essayé de dramatiser la situation mais dans sa tête, il continuait à se dire:« j’ai tué un homme? Bon…Et alors? ». Il alla en cours tout en ruminant ses pensées. Il traversait l’avenue de la république quand quelqu’un l’appela de l’autre coté du trottoir. Il se retourna et aperçu Elena, sa meilleure amie, celle avec qui il s’entendait le mieux, celle avec qui il n’y avait jamais eu de secret, la seule de la classe à avoir d’aussi bonnes notes que lui, la seule qui puisse le comprendre mieux que personne.
 -Coucou Elena!!!
 -Salut fainéant!
 -Pourquoi tu dis ça?
 -Ca fait bien 5 minutes que j’attends au coin de la rue, t’a oublié qu’on allait ensemble au collège aujourd’hui?
 -Oui, désolé, j’avais la tête ailleurs.
 -A cause d’hier soir? Raconte-moi tout ce qui c’est passé.
Elena était bien évidemment au courant de tout ce qui se passait depuis quelques mois. Elle n’avait pas approuvé sa décision de travailler pour ce type, et était restée sur une mauvaise impression depuis le début. Sa mauvaise impression s’était confirmée hier soir et Lionel fut forcé d’avouer qu’elle avait raison. Il lui raconta ce qui c’était dérouler et lui demanda si elle le trouvait monstrueux de n’éprouver aucune honte ni remord à son geste. Sa réponse le surpris.
-Non, au contraire, moi, j’aurai été plutôt contente d’avoir tué un homme qui ne méritait pas de vivre. Même si, c’est vrai, tuer est un acte que la justice qualifie de mauvais, cela n’empêche pas qu’il est nécessaire parfois pour les hommes qui ont trop mal agis et n’ont pas été punis comme il le méritait. Tu fais un boulot totalement désapprouvé par la justice mais qui est en même temps juste et bon dans le fond. Donc non, je ne te trouve pas monstrueux, surtout que l’homme avait fait des choses bien plus monstrueuses que toi, qui n’as fait que le tuer. Lui il a fait souffrir et à traumatisé des gens pour toute leur vie. Lui, il a eu une fin brève et quasiment sans douleur. Il méritait cette mort, n’éprouve aucun remords pour ce que tu as fait. Maintenant, si cette homme te demande encore de tuer, tues juste ceux qui le mérite, comme l’homme d’hier soir.
-Tu as raison Elena. Il va sûrement me demander de recommencer. Si le prochain est comme l’homme d’hier soir, qu’il ne mérite pas de vivre alors il aura le traitement.
-Mais je continue à penser que tu as fait une énorme erreur en acceptant le travail de Diggory. Je sens que cela va t’attirer pleins d’ennuis. 
-Tu as raison, mais plus je réfléchie plus je me dis que ce sera dur de l’abandonner. Je crois que je me suis enrôlé dans quelque chose dont il me sera difficile d’en sortir. 
-je le pense aussi, c’est pourquoi je te dis de t’arrêter maintenant, de dire à Diggory que tu ne veux plus travailler pour lui. Son travail est noble, c’est bien de vouloir jouer le robin des bois du futur, mais son travail n’est pas pour toi.
 -Je sais Elena, j’y ai déjà réfléchi, mais cet homme, tu ne le connais pas, tu ne l’a jamais vu. C’est le genre de personne à connaître d’autres personnes qui pourraient de zigouiller si tu quittais leur bande de peur que tu parles de leurs manigances à la police.
 -Je vois le genre. Si c’est vraiment le cas, ne tante rien et contente toi de faire ce qu’on te dit. Surtout qu’il y a quelques cotés positifs! Tu es bien payé, tu fais la justice et plus tard, si tu veux faire une carrière de flic, t’auras déjà de l’expérience.
 -C’est ce que e comptais faire, tu es vraiment génial, tu es sur la même longueur d’onde que moi. 
Il lui sourit, elle lui sourit et ils arrivèrent en retard au collège.

*

Après être allé chercher un billet de retard et s’être fait copieusement gronder par le professeur de Français, ils s’assirent ensemble au dernier rang pour écouter un cour passionnant sur le Cid de Corneille et la façon qu’avait Corneille de ne pas respecter les règles de la tragédie classique. Ils prirent quelques notes et écoutèrent le cours patiemment. C’était cela qui leur permettaient d’avoir de bonnes notes et de ne pas être embêter par leurs parents: leur excellente mémoire. Ils leurs suffisaient de relire leurs cours la veille ou juste avant le contrôle et ils avaient les meilleures notes de la classe. Ils faisaient d’ailleurs un concours et à la fin du trimestre. Celui qui avait le plus de vingt sur vingt, devait faire les quatre volontés de l’autre pendant une semaine. Ils se connaissaient depuis la sixième et dès le premier jour, le feeling était passé et ils ne se quittaient plus. Ils n’avaient pas cherché à se faire plus d’amis, s’isolant donc un peu du reste de la classe. Mais cette sensation d’isolement leur convenait tout à fait. Ils voyaient les autres comme des personnes qui ne peuvent pas les comprendre, qui sont à l’âge de MSN ou «Laure et Mathieu sortent ensemble! Franchement je ne vois pas ce que Mathieu lui trouve » et « t’as vu ce beau mec qui viens de passer? ». Eux ils avaient l’impression de n’avoir jamais vécu ça, ce qui leurs convenaient parfaitement étant donné qu’ils ne supportaient ce genre de comportement puéril. Mais ça leur donnait aussi une autre impression, plus désagréable; celle d’avoir grandi trop vite et de n’avoir pas eu le temps de goûter aux plaisirs de l’enfance et de l’émerveillement. Mais ils n’avaient pas beaucoup de regrets. Ils étaient bien comme ils étaient, c’est à dire amis, sur la même longueur d’onde et se comprenaient mieux que personne.

Par vitalie
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